AUJOURD’HUI 5 NOVEMBRE 2018

Le groupe « pêcheurs d’hommes » de David et Jonathan s’est retrouvé aujourd’hui. Nous étions 14. Le groupe se renouvelle, et l’écoute de l’actualité de chacun est toujours riche. Des évènements heureux, d’autres moins heureux. La vie partagée en couple pour certains, la séparation pour d’autres. Les difficultés professionnelles pour certains, les tâches du ministère pour d’autres. Je retiens également combien l’actualité de l’Eglise face aux victimes d’abus sexuels interpelle, attriste, révolte, scandalise, fragilise, désespère, les uns, les autres.

Je relis alors ce soir ce texte trouvé dans le journal La Croix du 30 octobre dernier de M. Tugdual Derville, « Ne tuons pas la tendresse » : « […] Que faire du poids de ces abus révélés ? Que chacun se reconnaisse « capable du pire » et peut-être chanceux de ne pas l’avoir commis. Qui peut se dire indemne de toute profanation de son propre corps, temple de l’Esprit ? Et toujours respectueux du corps d’autrui ? La meurtrissure que les victimes endurent, tout au long de leur vie, atteste la sacralité de la sexualité, tellement galvaudée. Le grave péché de quelques-uns, tous en portent les éclaboussures, Jésus étant seul innocent et chaste, ainsi que sa mère.

Les victimes d’abord ont besoin de compassion, de justice et de prière. Les abuseurs aussi. Toute misère appelle la miséricorde. Limite absolue fixée au mal, elle doit s’exercer ici-bas dans la justice pour les criminels. Sur le plan ecclésial, des rituels de pénitence durable aideraient les victimes à se sentir respectées. Mais laisser croire que certains péchés interdisent la miséricorde serait céder au Diable. La portée du « Pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » reste universelle.

J’ai entendu un homme murmurer après une homélie sur la pédophilie : « J’ai honte d’être chrétien! ». Je reconnais que j’ai parfois ressenti à propos de ma chère Eglise le genre de honte terrible qu’on éprouverait devant les débauches de sa propre mère. Puis j’ai regardé mon âme et suis mentalement sorti du cercle des « lapideurs ».

[…] Et le texte se poursuit et aborde un autre point central du scandale, la question du pouvoir. Et qui rejoint le sujet du cléricalisme, abordé par le pape François dans sa « lettre au peuple de Dieu », comme « appétit de domination et de possession à l’origine de ces maux ».

« Le pouvoir spirituel est un poison qui peut se cristalliser en emprise sexuelle » écrit M. Tugdual Derville. « Finalement, termine-t-il,            cet épouvantable scandale, en nous secouant tous, nous incite à nous enraciner plus humblement dans le Christ, et à nous rapprocher des petits et des pauvres.

Dom.